Samedi 18 Septembre 2021

Un litre de whisky par jour pendant deux ans

Par Quentin Durand
Bénébole

Alcoolique évanoui dans l'herbe, une bouteille de vodka posée à côté
Alcoolique évanoui dans l'herbe, une bouteille de vodka posée à côté

Lors de notre dernier stand d'information sur les drogues, j'ai fait la rencontre d'un ancien alcoolique originaire du Maroc, qui m'a alors conté son histoire:

À son arrivée en France, il avait 24 ans et il n'avait jamais bu.
Il commença son nouveau boulot, et son premier jour était le jour du beaujolais.

Toute l'équipe s'était mis une biture pas possible, et se retrouvait avec la tête dans le sac le lendemain matin, sauf lui qui était frais comme un gardon car il s'était abstenu de toucher à l'alcool.

On lui a alors fait la remarque «t'inquiète, on va te faire boire».
Ça n'a pas manqué.

Ça commence par l'alcoolisme mondain: il y a toujours des occasions pour fêter quelque chose, donc toujours des occasions pour boire.

Les années passaient, et il était arrivé à un stade où sa consommation d'alcool était très problématique.

Il décida alors d'arrêter totalement sa consommation d'alcool, et cela a duré pendant six ans.
Puis à l'occasion d'un anniversaire, il décida de céder pour un petit verre.
Il s'était dit qu'il garderait le contrôle, qu'il ferait attention à surveiller sa consommation pour ne pas retomber.

Mais l'alcool reprit le dessus et il ressombra.

Pendant deux ans, il consommait l'équivalent d'un litre de whisky par jour.

«À 2h du matin, tu regardes une bouteille bientôt vide, et mécaniquement, automatiquement, tu réfléchis à l'itinéraire le plus rapide pour aller à l'arabe du coin et racheter des munitions. Tu cherches constamment des solutions pour trouver des thunes pour racheter de l'alcool.»

Il se rendit à l'hôpital, et le médecin lui dit très fermement: «soit vous arrêtez totalement votre consommation définitivement, soit vous continuez comme vous faites actuellement et je vous laisse un an.»

Pas besoin de médicaments, la simple menace de mort lui suffit à tout arrêter du jour au lendemain.

Ça fait maintenant 10 ans qu'il est abstinent, mais il continue de se sentir menacé de rechuter à tout moment.

Pour lui le combat n'est pas terminé. Et il ne se terminera probablement jamais.

«On parle de l'alcool festif, on dit qu'untel a l'alcool joyeux ou l'alcool moribond, etc. C'est de la merde tout ça, y a qu'une seule chose: l'alcool. Tout le reste, c'est des excuses pour déguiser notre consommation, pour nous empêcher de voir qu'on a un problème.»

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