dimanche 28 février 2021

TOUT SUR LE CANNABIS - une vidéo sur ses méfaits méconnus

Par Quentin Durand
Bénévole

Tout sur le cannabis
Tout sur le cannabis

Le cannabis, une drogue douce ?

Pas si sûr.

On entend tout et n'importe quoi à son propos. Les dealers et les lobbyistes pro-légalisation s'en donne à cœur joie pour vanter les "bienfaits" de cette drogue "naturelle". Mais ils ne se donneront pas la peine de vous parler des méfaits mentionnés dans cette vidéo.

Nous allons donc décortiquer le cannabis et mettre en lumière les aspects méconnus suivants :

  • la concentration en THC dans le corps
  • la durée des effets
  • les effets sur la génétique
  • les conséquences de la légalisation en Amérique
  • les accidents dus au cannabis
  • sa toxicité comparée à celle du tabac
  • la dépendance (addiction) générée par le cannabis
  • ses effets sur l'anxiété
  • son appellation de drogue "naturelle" (pur marketing)
  • le fameux CBD très à la mode
  • et enfin la grande question de la prévention en France !

Voir la vidéo sur YouTube


Ci-dessous le transcript complet de la vidéo, pour ceux qui préfèrent lire ;)

Ré-upload

Salut à tous !

Alors, ma vidéo précédente qui s'intitulait TOUT SUR LE CANNABIS a été censurée par YouTube, la rendant ainsi inaccessible aux moins de 18 ans et à tous ceux qui n'ont pas de compte YouTube. Les robots de YouTube ont certainement dû penser que je faisais la promotion du cannabis... alors que c'est tout l'inverse.

Donc chers robots YouTube, si vous passez par là, merci de ne pas censurer cette vidéo, car ça serait priver la jeunesse française d'une sensibilisation vitale, surtout quand on sait que les enfants commencent à fumer du cannabis à l'âge de 15 ans en moyenne.

J'en ai profité pour mettre à jour la partie de la vidéo qui traite du CBD.

Sur ce, je vous laisse, et bon visionnage !

Introduction

Bienvenue dans cet épisode de la série La drogue dans tous ses états !

Moi c'est Quentin Durand, conférencier pour l'association Non à la drogue, Oui à la vie, et cette fois-ci un épisode hors-série qui sent bon le cannabis. Alors voilà, j'aurais bien aimé m'étaler sur le sujet pendant deux-trois épisodes, mais comme on n'a pas masse de temps, je vais faire un condensé des infos les plus importantes en une seule grosse vidéo.

Pourquoi on a pas masse de temps ? me direz-vous. Et bien parce que depuis le 13 janvier 2021, l'Assemblée Nationale a publié une consultation citoyenne - c'est un formulaire pour connaître l'avis du public, quoi - sur la question de la légalisation du cannabis récréatif. Si vous allez dans la description, vous trouverez le lien vers la consultation, toutes mes sources, ainsi que plein d'autres surprises.

Bref ! Cette consultation se termine le 28 février donc très bientôt. Il faut qu'un max de gens voient cette vidéo avant la fin de cette consultation. Et pour vous cher visionneur du futur, qui regardez cette vidéo après le 28 février, pas de panique : il n'est jamais trop tard pour s'informer sur le cannabis.

Donc si ça vous va on va passer un petit contrat. Je vais vous donner tout plein d'infos super intéressantes sur le cannabis, et vous, à la fin, vous allez sur le site de l'Assemblée Nationale et vous remplissez cette consultation. Peu importe que vous soyez pour ou contre la légalisation d'ailleurs !

Donc si vous n'êtes pas d'accord avec ce contrat, vous avez trois secondes pour quitter cette vidéo... 3 2 1 c'est parti !

Maintenant rentrons dans le vif du sujet si vous voulez bien. Et on va commencer par une petite définition : d'où vient le mot cannabis ?

Cannabis : une définition

Si on regarde son étymologie, on voit que le mot "cannabis" est la traduction latine de "chanvre".
"Cannabis" et "chanvre" sont donc un seul et même mot.

Pourtant dans le langage parlé quand on parle de chanvre on pense aux textiles, on pense aux cordages, au papier, tout ça quoi. On pense à un usage industriel, quoi. Et lorsqu'on parle de cannabis, on pense à la drogue.

Scientifiquement parlant, "cannabis" avec un grand C, ça désigne un genre botanique. Ce genre se divise en plusieurs sous espèces, dont la sativa et l'indica, communément appelée "chanvre indien". Il n'y a que la sativa qui est cultivée pour un usage industriel, mais la sativa et l'indica sont utilisées en tant que stupéfiants. Après vous avez peut-être entendu aussi parler du chanvre afghan, mais ça c'est pas une sous-espèce, c'est juste une variété de l'indica.

Ok ! Ça c'était pour "cannabis".

Ensuite il y a le joint, je vais pas vous faire un dessin, c'est juste une cigarette de tabac dans laquelle on a incorporé du cannabis. Et "pétard", "pète", tout ça c'est la même chose. C'est juste d'autres noms.

Et ce cannabis peut se présenter sous différentes formes, notamment l'herbe et la résine.

Donc l'herbe, qu'on appelle aussi pot, weed, beuh, ganja, chichon, marijuana, ou "marie-jeanne", ce sont les tiges, les feuilles et les fleurs séchées - surtout les fleurs femelles. Et ça se présente sous forme de petites boulettes vert-marron. Et la résine, ou hasch (haschich), ou shit, c'est la résine pure issue de la plante femelle, et ça donne une pâte ocre-marron, parfois en barrettes.

Mais c'est pas tout ! Maintenant on a de nouvelles formes qui sont apparues sur le marché : l'huile, la cire, les cristaux et les essences. Ce sont des formes ultra concentrées en THC !

Le THC justement, qu'est-ce que c'est ?

Le THC (ou tétrahydrocannabinol)

THC pour tétrahydrocannabinol, ça désigne une molécule.

Dans le cannabis, il y a ce qu'on appelle les cannabinoïdes et on en compte environ 150. Les cannabinoïdes ce sont des molécules qui interfèrent avec certains récepteurs du corps qu'on appelle... récepteurs cannabinoïdes !

Et ces récepteurs sont placés un peu partout et permettent de réguler de nombreuses fonctions du corps. Et donc lorsque ces récepteurs sont stimulés anormalement, comme après avoir fumé un pétard par exemple, on observe certaines réactions : perte d'équilibré, difficulté à penser, etc.

Revenons au THC maintenant. Il s'agit du cannabinoïde le plus présent dans le cannabis, suivi par le CBD qui est vachement à la mode en ce moment d'ailleurs. Et le THC est une molécule psychotrope, c'est-à-dire qu'elle modifie : la perception, l'intelligence et la mémoire.

On est "fonce-dé" à cause de cette molécule.
Donc plus il y a de THC dans un joint, plus ses effets sont intenses.

Et là j'en profite pour bifurquer un chouïa. Nombreux sont ceux qui pensent que le cannabis est une drogue "douce", mais il est important de mentionner que les techniques de culture ont évolué, et que les plants de cannabis sont de plus en plus dosés en THC, au grand plaisir des dealers qui peuvent alors plus vite rendre leur clientèle accro.

On ne peut donc pas comparer le cannabis des années 60 avec le cannabis d'aujourd'hui.
À titre d'exemple, le joint qui était fumé à Woodstock en 1969 et jusqu'à la fin des années 70 contenait environ 1% de THC.
En 2009 le taux moyen était de 9%.
Et aujourd'hui on trouve de la résine à 31%.
Et dans les formes concentrées - vous savez les huiles, les cires, les cristaux et les essences - on dépasse les 80% de THC !

En bref, on est très loin du joint de Woodstock.

Petite anecdote tant qu'on y est : savez-vous que les fumeurs chroniques absorbent jusqu'à deux fois plus de THC que les fumeurs occasionnels ? Parce qu'ils ont une manière de tirer sur le joint qui augmente la concentration en THC dans leur sang. Et qui dit plus de THC dit plus d'effets.

Mais pour combien de temps ?

La durée des effets

Un mec, disons... Jean-Eude, fume un joint. Cinq minutes plus tard, on regarde dans ses p'tites veines, et on voit que le THC a atteint sa concentration maximale dans le sang. On attend six heures de plus, on re-regarde, et y'a plus rien !

Le THC a disparu !

Eh ben... il est passé où le THC ?

Si vous avez vu les vidéos précédentes - et j'espère que vous allez le faire si c'est pas le cas ! - vous savez que les drogues quittent le sang pour se loger dans les graisses. Ces drogues sont ensuite délogées des graisses par le sang, qui les envoie vers le foie et les reins pour être éliminées.

Bon. Tout ça se passe pas en 2 minutes, hein. C'est un processus trèèès long.

Avec le cannabis, la première phase - qui est quand le THC arrive dans le sang et se disperse petit à petit dans les graisses - ça dure en moyenne six heures.

Mais pour un fumeur chronique - c'est à dire un à deux joints par jour - ça peut durer plus de 24 heures !

La deuxième phase, c'est quand le sang nettoie les graisses en délogeant les drogues pour les acheminer vers le foie et les reins. Et ça c'est super long ! Et plus une drogue se mélange bien avec les graisses, plus cette phase est longue. Bah oui... parce qu'elle veut pas partir la drogue, elle est bien dans sa graisse !

Et tenez-vous bien : qui qui c'est la drogue qui se mélange le mieux avec les graisses ?

🥁🥁🥁

Le THC ! Oh mon dieu ! Quelle surprise !

De toutes les drogues, c'est la plus liposoluble. "Lipo" : graisse ; "soluble" : qui se dissout. T'as compris.

Le THC est liposoluble à plus de 99,9% ! C'est la drogue qui met le plus de temps à être éliminée.

Ouais ouais. Sérieux. Toutes drogues confondues.

Et qui qui c'est l'organe qui a le plus de gras dans tout le corps ? Bon. L'intello qui a déjà vu mes vidéos, là. Je sais que tu connais la réponse. Baisse la main, là. Baisse la main !

Avec ses 60% de graisse, l'organe qui possède le plus de gras du corps est...

🥁🥁🥁

C'est le cerveau !

Du coup on a d'un côté une drogue qui se mélange vachement bien avec les graisses, et de l'autre on a l'organe qui contrôle quasiment tout dans le corps et qui est super gras. Et c'est avec un grand honneur que je vous déclare toi, THC, et toi, cerveau, unis par les liens sacrés du mariage.

Bon t'as compris : en gros quand tu fumes un joint, tu continues de le fumer dans ta tête pendant des semaines.

Le cannabis c'est pas une drogue douce, c'est une drogue lente. Parce que ses effets durent bien plus longtemps que ce qu'on pense. En général, un mec qui fume un pète, il se dit qu'au bout de 3-4 heures, ça y est c'est fini, y a plus rien. Bah en fait pas du tout.

Je reviens sur le truc des récepteurs cannabinoïdes. Pendant la deuxième phase, le THC qui est dans les graisses se relargue à de faibles doses dans le sang. Et ça, ça peut durer des jours voire même des semaines. Et bah ces faibles doses sont suffisantes pour stimuler les quelques récepteurs cannabinoïdes qui se trouvent sur le passage. Du coup, en plus des effets de la première phase, vous avez des effets qui continuent pendant la deuxième phase.

Alors maintenant, tous les effets n'ont pas la même durée. Pendant la première phase - c'est-à-dire pendant 4 à 8 heures - on est ivre, on rigole, on perçoit un peu moins bien la douleur, on pense plus lentement, on galère à bouger son corps.

Et pendant la deuxième phase, on a notamment un effet qui persiste : la perturbation cognitive. On est moins intelligent, quoi.

Donc plusieurs jours après avoir fumé un seul joint, le QI de Jean-Eude est plus bas qu'avant d'avoir commencé à fumer ! Alors pourquoi cet effet spécifiquement il dure plus longtemps ?

La raison pour laquelle certains effets durent plus longtemps réside dans la quantité de récepteurs cannabinoïdes. Les différentes régions du cerveau ont des quantités différentes de récepteurs cannabinoïdes. Là où les récepteurs sont en moindre quantité, les effets durent moins longtemps. Et là où ils sont en surnombre, les effets sont bien plus durables.

Bien évidemment le THC s'accumule dans le corps. Et plus le corps est saturé en THC, plus son élimination est longue et ses effets durables. Le THC se stocke dans le cerveau mais pas seulement. Vous en avez aussi dans les hanches, les jambes, le ventre, les fesses - ce qu'on appelle le tissu adipeux, quoi. C'est le gras. Et ça se stocke aussi dans les testicules et les ovaires !

Les effets génétiques

Mais quelle superbe transition ! On parle de testicules et d'ovaires, et paf ! La génétique.

Ok. Ce dont je vais vous parler maintenant est l'une des conséquences les moins connues du cannabis. Accrochez-vous, on va parler mutants. Pour la faire simple, le THC peut influencer la manière dont l'ADN est décodé. Un peu comme une modification génétique, quoi. Mais en moins sexy que les X-Men.

Concrètement, ça veut dire que le développement de certaines cellules sera perturbé... à vie. Ça va par exemple diminuer l'effet d'un gène dont le rôle est de contrer les tumeurs. En gros, en fumant de la weed, on s'expose plus aux cancers.

Ok, jusque-là rien de vraiment surprenant. On va dire qu'on savait déjà tout ça. Là où ça se complique, c'est que ces effets peuvent se transmettre à la génération suivante !

Dans le cerveau, vous avez une région qui s'appelle le noyau accumbens, et qui est responsable du mécanisme de récompense. Dans cette région vous avez des récepteurs : les récepteurs D2, à ne pas confondre avec les récepteurs cannabinoïdes. Et lorsque ces récepteurs sont stimulés, le cerveau nous fait sentir des sensations agréables pour nous récompenser. On pourrait dire que c'est ce qui donne la sensation de plaisir physique.

Maintenant tenez-vous bien : les spermatozoïdes et les ovules exposés au THC vont induire une diminution de ces récepteurs chez l'embryon. Une personne qui a moins de récepteurs D2 que la normale percevra moins bien le plaisir, et sera plus facilement tentée de recourir aux drogues.

Eh oui : en consommant du cannabis, on augmente les risques de toxicomanie chez nos futurs enfants.

Ah oui ! Et quand je parle de parents qui consomment, là, je parle pas juste de la mère qui fume un petit pète pendant sa grossesse. Je parle aussi de la mère ou du père qui consomment avant la conception. Ces modifications génétiques persistent même après avoir arrêté le cannabis !

Alors pour quelle durée, on sait pas encore. Pour l'instant ça semble irréversible, mais il y a des labos qui s'intéressent à inverser ces modifications génétiques. À voir.

Alors j'en profite pour faire une petite parenthèse concernant le fait de consommer du cannabis tout en étant enceinte. Au Colorado, le cannabis récréatif a été légalisé en 2012. Eh bien le nombre de femmes enceintes de moins de 24 ans qui consommaient du cannabis pendant leur grossesse est passé de 12% en 2009 à 22 % en 2016.

Bah tiens, le Colorado, ça vous intéresserait pas de savoir comment ils s'en sortent depuis la légalisation ?

Les conséquences de la légalisation

Depuis 2012, deux pays, le Canada et l'Uruguay, ainsi que 15 états américains sur 50, ont légalisé le cannabis récréatif. Fait intéressant : ils avaient tous d'abord légalisé le cannabis à usage thérapeutique.

En France, on a un programme d'essai du cannabis thérapeutique qui a commencé au printemps 2021, mais il a même pas encore commencé que le gouvernement aborde déjà la question du cannabis récréatif via une consultation citoyenne. En pleine crise de COVID. Ils perdent pas de temps.

Alors qu'est-ce qu'on a comme résultats suite à la légalisation ?

Eh bien justement, j'ai ici un rapport qui date du 18 novembre 2018, par the Centenial Institute, qui porte sur les conséquences de la légalisation du cannabis au Colorado : Economics and Social Costs of Legalised marijuana.

Donc voici quelques-unes des conclusions de ce rapport :

  • pour chaque dollar collecté via les taxes sur la vente de cannabis, le Colorado dépense environ 4,5 dollars pour compenser les effets de la légalisation ;
  • le système de santé et les décrochages scolaires sont les plus importants facteurs de dépenses ;
  • 60% des consommateurs de marijuana déclarent avoir conduit sous son influence au moins une fois ;
  • et 27% admettent conduire sous son influence quotidiennement.

J'ai ici un autre rapport mis à jour en janvier 2021 par l'OFDT, l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, et faisant le bilan sur les conséquences de la légalisation du cannabis aux États-Unis.

Première conséquence notable : la diversification des produits à base de cannabis. On en trouve dans les produits alimentaires, les boissons, les cosmétiques, et on trouve de plus en plus de formes concentrées pouvant atteindre 80% de THC - les huiles, cires, cristaux et essences. Dans le Colorado, les ventes de ces produits concentrés ont plus que doublé entre 2014 et 2017, pour atteindre près d'un quart des ventes de cannabis.

En ce qui concerne la mafia, elle reste encore largement investie dans le marché noir du cannabis. Au canada par exemple, dix-huit mois après la légalisation, l'État ne gère que 40% du cannabis en circulation. Les 60% restants, c'est le marché noir. Et pour compenser les pertes dues à la légalisation, la mafia développe d'autres trafics comme l'héroïne et la méthamphétamine.

En ce qui concerne le cannabis thérapeutique, on a observé que dans les états qui ont légalisé son emploi médical, la consommation illicite - donc récréative - a plus augmenté que dans les pays qui ont conservé son statut illégal.

Concernant les accidents de la route, au Colorado, en 2015, 21% des conducteurs tués était positifs au cannabis, soit une augmentation de 48% sur trois ans.

Le cannabis et les accidents

Une étude sur les conséquences du cannabis sur la conduite a révélé un fait intéressant. À cause du phénomène de tolérance, les effets sur le temps de réaction et les performances de conduite sont plus prononcés chez les fumeurs occasionnels que chez les fumeurs chroniques.

Ceux qui passent leur code sauront également que le cannabis multiplie au moins par deux le risque d'accident mortel, et par 14 lorsqu'il est combiné à l'alcool.

Et en 2018, plus de 20% des tués sur la route étaient positif au cannabis.

Mais tout ça, ce sont des estimations. Parce qu'il y a un décalage entre la concentration de THC dans le sang et les effets sur le mental. Ça arrive pas en même temps.

Au bout de cinq heures, on ne détecte plus de THC dans le sang. Mais c'est à ce moment-là que les effets sur la conduite sont à leur paroxysme. Et ensuite les effets sur la conduite continuent pendant 13 heures en moyenne chez les fumeurs occasionnels, et 8 heures chez les fumeurs chroniques.

Donc on va faire un petit calcul : 5 + 13 = 18. Un seul joint affecte la conduite pendant 18 heures !

Tabac vs cannabis

Une fois je parlais avec un fumeur de tabac et de cannabis, et il m'a sorti : "il faut que j'arrête la clope, c'est mauvais pour ma santé." J'ai trouvé ça assez comique.

Alors tabac versus cannabis : qui est le plus dangereux ?

On va aborder trois points : la toxicité, les effets sur le mental et la durée des effets.

La toxicité pour commencer.

Pour se consumer, le cannabis - herbe ou résine, peu importe - a besoin d'une température plus élevée de 200°C. Qui dit température plus élevée dit combustion moins complète, dit plus de production de monoxyde de carbone. Et en mars 2006, le magazine 60 millions de consommateurs a comparé les émissions toxiques de la cigarette et du joint. Résultat : la fumée de joint contient dix fois plus de monoxyde de carbone, et quatre fois plus de goudrons que les cigarettes. Et c'est valable même avec un joint d'herbe pure, c'est-à-dire sans tabac ajouté.

Voilà ce qu'il faut retenir : trois joints égalent un paquet de clopes.

C'est donc le cannabis qui remporte la première manche.

2ème round : Les effets sur le mental.

Bon bah là y a pas grand-chose à dire. Vous avez déjà vu quelqu'un avoir un accident de la route après avoir fumé une clope ? Que je sache, la clope n'altère pas les perceptions, ne crée pas de trou de mémoire, et ne rend pas moins intelligent.

Ce n'est donc pas un psychotrope. Donc c'est à nouveau le cannabis qui remporte cette manche !

Enfin, la durée des effets.

Dans le cas du tabac, la nicotine a une demi-vie de deux heures.

La demi-vie... La flemme d'expliquer... allez voir ma vidéo sur le temps d'élimination des drogues.

Le cannabis, lui, a une demi-vie qui varie entre 25 heures et plusieurs jours.

Donc lorsqu'on fume une clope, les effets de manque peuvent survenir au bout de deux heures, vu qu'on a déjà éliminé la moitié de la nicotine. Mais dans le cas du cannabis, les effets de manque arrivent beauuuuuucoup plus tard, parce que le corps continue d'éliminer le THC pendant des jours voire même des semaines !

Donc ce qu'on appelle un fumeur régulier de tabac, c'est à partir d'une clope par jour. Mais un fumeur régulier de cannabis, c'est à partir de 10 joints par mois.

Et le winner est... le cannabis !

Bon ok, il y a un point qu'on n'a pas vraiment abordé, c'est celui de la dépendance. Eh bien parlons-en justement.

L'addiction au cannabis

En 2018, en Europe, dans les centres de prise en charge des toxicomanes, une personne sur trois venait à cause d'une addiction au cannabis. Soit autant que pour les opiacés ! L'héroïne, la morphine, la méthadone, tout ça quoi.

Alors on va vite faire revenir sur l'histoire des récepteurs cannabinoïdes. Ces récepteurs ont une particularité : ils peuvent se désensibiliser. Il y a un effet de tolérance. Plus on fume, moins les récepteurs sont stimulés. Mais si ces récepteurs sont de moins en moins stimulés, les effets sont de moins en moins forts, non ?

Alors oui... et non.

Cette tolérance ne s'installe que dans les régions du cerveau où les récepteurs sont peu nombreux. Les effets concernés par ces récepteurs seront moins intenses : la détente, l'ivresse, le high, la défonce... soit les effets recherchés par le consommateur.

Mais il n'y a pas de tolérance dans les régions où les récepteurs sont en surnombre. Les effets à long terme gardent leur intensité, même si la consommation est fréquente.

Maintenant mettons-nous à la place du consommateur.
Plus on fume, moins on ressent les effets.
Qu'est-ce qu'on fait alors ?
On augmente la dose ou on fume plus souvent.
Donc on ressent encore moins les effets.
On augmente alors la dose et la fréquence.
Donc on ressent encore moins les effets.
On augmente alors la dose et la fréquence.
Donc on ressent encore moins les effets.
On augmente... etc.

S'installe alors une véritable dépendance psychique.

Et vient un moment où l'on ne ressent tellement plus rien avec le cannabis, qu'on se dit qu'il serait peut-être temps de passer au stade supérieur... même si c'était totalement hors de question au début !

Le cannabis contre l'anxiété

La weed, ça rend cool, ça détend, ça nous fait oublier nos problèmes, ça nous permet de supporter la vie. Beaucoup de personnes vont se jeter sur le cannabis pour résoudre leur anxiété ou leur dépression, pensant ainsi s'automédiquer.

Mais à long terme, les effets s'estompent et disparaissent à cause de la tolérance. S'y ajoutent alors le problème de l'addiction et les conséquences sur la santé physique et mentale.

Le sevrage du cannabis s'accompagne de différents symptômes : anxiété, irritabilité, colère, agressivité, nervosité, fébrilité, insomnies, cauchemars, perte de poids, dépression, maux de tête, sueurs, tremblements, douleurs au ventre, et une envie irrépressible de consommer du cannabis, envie que l'on appelle "craving".

Donc les consommateurs dépendants développent une croyance de soulagement, mais en réalité au bout d'un moment ils ne vont traiter que les symptômes de manque de leur addiction au cannabis. Plus il cherche à soulager les symptômes du manque, plus ils consomment, et dès lors plus ils aggravent leur dépendance et leurs symptômes de manque.

Alors pour ceux qui désirent arrêter définitivement le cannabis, sachez que les symptômes de manque seront maximaux pendant la première semaine. Puis ils diminueront progressivement en trois à quatre semaines. Passé un mois, vous vous sentirez vraiment mieux. Mais le test ultime est de trois mois. Avant cette période, il y a des risques de retomber dedans.

Après il y en a pour qui c'est plus facile que pour d'autres.

Enfin, pour clore ce chapitre avec un ton grave, la consommation de cannabis favorise les pensées suicidaires et les tentatives de suicide. Et ce risque est accru pour les moins de 18 ans et chez les gros consommateurs.

Mais bon vaut mieux fumer du cannabis qui lui est naturel, que de prendre des médocs chimiques, me direz-vous.

"Le cannabis, c'est naturel"

J'entends très souvent l'argument "le cannabis est moins dangereux que les autres drogues parce que c'est naturel".

Et en quoi le fait d'être naturel ça rend moins dangereux ?

La cigüe aussi c'est naturel. Pareil pour le muguet, le laurier-rose, le ricin, la belladone ou le gui. Et pourtant, quelques grammes de ces plantes suffisent pour vous tuer.

Qui a dit que Mère Nature était bienveillante ?

"Oui mais moi j'ai entendu parler du CBD. C'est bien le CBD, c'est pas mauvais le CBD, c'est vachement thérapeutique le CBD !"

... C'est ce qu'on va voir.

Le miracle du CBD (ou cannabidiol)

En début de vidéo, j'ai évoqué un autre cannabinoïde que le THC : le CBD, ou cannabidiol. Il s'agit d'une molécule qui, contrairement au THC, ne serait pas psychotrope.

Cette molécule s'est vue dotée en un temps record de bienfaits thérapeutiques multiples - très peu documentés, mais TRÈS médiatisés ! À en croire les innombrables articles parus sur le CBD, il permettrait de lutter contre : le stress, l'anxiété, les crises d'épilepsie, les spasmes, la douleur, le diabète, la dépendance au tabac, à la cocaïne et aux amphétamines, la schizophrénie, le cancer et même la COVID-19 !

La publicité est intense !
L'engouement suscité est vif !
D'innombrables magasins spécialisés s'implantent dans toutes les villes !
Les formes commerciales se multiplient !
Et sa cote en bourse flambe !

Mais c'est trop bien le CBD ! Vive le CBD ! On veut du CBD ! Donnez-nous du CBD !

...Pourtant, le CBD est chimiquement très proche du THC. Et dans un milieu acide - comme notre estomac et ses sucs gastriques - il se transforme à 80% en THC. Et sa forme la plus commercialisée, c'est l'huile. Huile qu'on ingère, et donc qui finit dans l'estomac.

Donc on fait genre on prend pas de drogue, mais ça peut se transformer en drogue dans le corps.

(ici la vidéo a été éditée afin d'apporter plus d'éléments au débat)

Hop, petit saut dans le futur, car j'ai plus d'informations sur la transformation de CBD en THC dans l'estomac. L'étude dont je vous ai parlé s'appelle Identification of psychoactive degradants of cannabidiol in simulated gastric and physiological fluid. Elle a été réalisée in vitro, en utilisant des fluides gastriques simulés, donc artificiels.

Cette étude a tenté d'expliquer l'origine des effets secondaires, notamment la somnolence, du CBD prescrit par voie orale. Elle a démontré que les fluides gastriques simulés (donc artificiels) convertissaient le CBD en THC.

Cette étude a ensuite été réfutée par une autre étude réalisée in vivo sur des cochons nains : Cannabidiol Does Not Convert to Tetrahydrocannabinol in an In Vivo Animal Model. Elle rapporte que le CBD prescrit par voie orale ne se transforme pas en THC dans le corps du cochon nain. Alors le cochon nain c'est parce qu'il est censé partager une forte similitude avec le système digestif humain.

Mais les deux études ont des conflits d'intérêts car financées par deux entreprises pharmaceutiques fabriquant des produits à base de cannabinoïdes : Zynerba Pharmaceuticals pour la 1ère, et GW Pharmaceuticals pour la seconde.

Conclusion : on a deux études avec des résultats contradictoires, et aucune n'est plus légitime que l'autre car elles ont toutes les deux des conflits d'intérêts. Il faudrait une étude (voire plusieurs), qui soit impartiale (donc sans conflit d'intérêts) et qui soit réalisée in vivo sur des humains. Là on serait fixés.

En attendant d'avoir plus d'infos, je recommande la prudence : on ne sait pas grand-chose du CBD et de ses effets à long terme, on sait qu'il y a des effets indésirables, et les bienfaits rapportés par ses consommateurs sont modérés voire inexistants dans certains cas.

(retour à la vidéo originale)

Le centre d'addictovigilance de Paris a publié en 2019 un document sur les effets indésirables du CBD. Le CBD n'aurait pas d'effet psychotrope majeur, mais peut provoquer les effets secondaires suivants : somnolence, fatigue, diarrhées, nausées, vomissements, modification de l'appétit, fièvre, destruction des cellules du foie, troubles de l'équilibre et de la coordination des mouvements, convulsions, troubles du comportement, dépression et risque suicidaire.

Bon, je sais pas vous, mais pour moi : dépression et risque suicidaire, c'est des effets psychotropes, hein.

Alors je pense que maintenant on a fait un peu le tour. On a vu le cannabis, le THC, le CBD, la dépendance, tout ça tout ça. Mais il y a un point qu'on n'a pas encore abordé : c'est celui de la prévention.

La prévention en France

Nous, français, sommes les premiers consommateurs de cannabis en Europe !
En 2015, 31% de nos jeunes de 15-16 ans ont déjà expérimenté le cannabis ! Contre seulement 18% en Europe.
Entre 2014 et 2017, le nombre de fumeurs de cannabis quotidiens est passé de 700 000 à 900 000 !
Et en 2017, les jeunes français commencent à expérimenter la drogue à l'âge de 12 ans !

Ah ! Je sais pas vous, mais moi je suis fier d'être français !

Alors... comment gérer une situation comme ça ? C'est tout simple, il y a trois solutions : la répression, la réduction des risques et la prévention.

La répression, c'est le système qui vise à conditionner une population par le biais de la punition : tu fumes, tu paies une amende.

La réduction des risques, c'est le système qui vise à aider les toxicomanes à moins tomber malades en se droguant.

Et la prévention, c'est ce que je suis en train de faire : je vous informe des effets des drogues. Seule la prévention a un réel impact positif à long terme, car elle amène systématiquement une diminution du nombre de toxicomanes.

Bon. Je dis pas que la répression et la réduction des risques ne servent à rien.
Bon. Si. Elles ne servent à rien... s'il n'y a pas de prévention qui est faite.

Et quand vous remplirez la consultation citoyenne sur la légalisation du cannabis - et je sais que vous le ferez - vous remarquerez un fait intéressant. À aucun moment n'est abordée la question de la prévention.

Oui, la France n'est pas vraiment un modèle en matière de prévention sur les drogues. En 2017, l'OEDT - donc l'Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies - a décerné un carton rouge à notre pays en dénonçant un grave déficit d'information sur les drogues en milieu scolaire.

Malgré cela, un sondage en 2018 révèle que 68 % des français considèrent être très bien ou plutôt bien informés sur les drogues. Donc on est les moins informés, mais on croit qu'on est très bien informés...

Et à côté de ça, vous avez la Suède. La Suède : un modèle en matière de prévention. Dans les années 80, elle a mis en place un programme national de prévention sur les drogues. À partir du CM2 - enfin ce qui correspond au CM2 là-bas - jusqu'à l'université, les enfants reçoivent 40 heures de prévention.

Mais ça s'arrête pas là ! La prévention continue après au boulot. Et les maires de chaque commune, petite ou grande, sont obligés d'organiser au moins une journée de prévention sur les drogues par an.

Résultat : la Suède compte dix fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne.

Conclusion

Et voilà ! Vous êtes désormais largement plus informé sur le cannabis que la majorité de la population. Vous pouvez maintenant vous la péter en réunion de société ! Allez-y ! Étalez votre connaissance sur le cannabis ! Montrez que vous êtes intelligent ! (et donnez-leur envie de regarder mes vidéos.)

Mais n'oubliez pas de remplir la consultation citoyenne avant le 28 février !

Quant à toi cher visionneur du futur, tu peux toujours liker la vidéo, la partager, t'abonner à la chaîne, cela nous aidera à gagner en visibilité et ainsi sensibiliser plus de personnes sur les dangers des drogues.

Bien sûr, si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez même faire une donation à l'association, voire même carrément rejoindre notre équipe de bénévoles !

Et pour finir, n'hésitez pas à poser toutes vos questions dans les commentaires, je m'engage à y répondre.

Annexe

Crédits des médias non libres de droit utilisés dans la vidéo

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Sources ayant servi à la réalisation de la vidéo

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